Page 86 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

La neutralisation de la décote et de la surcote (pension hors décote/surcote) n’a quasiment
aucun effet sur les écarts de montants moyens de pension entre les femmes et les hommes. La
neutralisation du coefficient de proratisation (« pension pleine ») a en revanche un fort effet
d’atténuation des écarts, qui s’explique par la proportion nettement plus importante, au sein
des générations considérées, d’assurés à carrière incomplète parmi les femmes que parmi les
hommes. Ainsi, parmi les retraités nés en 1942, le montant moyen de pension de droit direct
des femmes représente 62 % de celui des hommes, mais le montant moyen de « pension
pleine » en représente 69 %.

Les écarts entre les femmes et les hommes diminuent au fil des générations selon tous les
indicateurs considérés, mais dans des proportions variables. Ainsi, le rapport entre les femmes
et les hommes augmente de 13 points entre les générations nées en 1924 et 1942 pour ce qui
concerne le montant de pension, mais de 6 points seulement pour ce qui concerne le montant
de « pension pleine ». En effet, la progression du rapport des « pensions pleines » ne reflète
que la réduction des écarts de salaire, et pas celle des écarts de durée. Comme les salaires (ou
les revenus d’activité) des femmes ont progressé plus rapidement que ceux des hommes au fil
des générations, la progression de la « pension pleine » a été presque deux fois plus rapide
pour les femmes (+ 27 %) que pour les hommes (+ 16 %) entre la génération 1924 et la
génération 1942. En outre, sous l’effet de la hausse au fil des générations de durée moyenne
validée par les femmes, le coefficient de proratisation réduit de moins en moins la pension
moyenne des femmes (de 21 % pour la génération 1924 et de 10 % pour la génération 1942).
Au total, le montant moyen de pension a progressé de 46 % entre les femmes de la génération
1924 et celles de la génération 1942, contre 16 % pour les hommes.

L’écart de « pension pleine » entre les femmes et les hommes est plus important si l’on
neutralise l’impact des minima de pension (« pension pleine » hors minima de pension), car
ces minima bénéficient davantage aux femmes. Ainsi les minima de pension relèvent
d’environ 11 % la pension moyenne des femmes de chaque génération. Plus généralement, les
écarts entre les femmes et les hommes sont plus importants de 8 à 9 points si l’on neutralise
l’ensemble des dispositifs de solidarité, dont les minima de pension et les droits familiaux, car
ces dispositifs (en particulier la MDA et l’AVPF) bénéficient globalement plus aux femmes
qu’aux hommes76.

76 Voir la sous-partie 3.4, section b.

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