Page 84 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

Il en résulte que le rapport entre le montant moyen des pensions des femmes et celui des
hommes, observé sur l’ensemble des retraités, a régulièrement augmenté au fil des années. Le
rapport entre les pensions moyennes de droit direct (hors majorations pour trois enfants)72 est
ainsi passé de 55 % en 2004 à 61 % en 2014. Si on y ajoute les réversions qui bénéficient
principalement aux femmes, le rapport est plus élevé ; il est passé de 70 % en 2004 à 75 % en
2014. Selon les projections du COR, ce rapport devrait continuer à augmenter, atteignant
80 % vers 2025 et 85 % vers 2040, avant de se stabiliser entre 88 et 90 % selon les scénarios à
partir de 2050. Ainsi les écarts de pension entre les femmes et les hommes continueraient à se
réduire d’ici 2060, sans disparaître totalement notamment du fait d’écarts de salaire
persistants73.

Du fait du rapprochement progressif entre les montants de pension des femmes et des
hommes, le rapport entre le montant moyen des pensions de droit direct des femmes et celui
des hommes, observé à une date donnée, prend une valeur plus élevée pour la génération
ayant 65 ans cette année-là, relativement jeune parmi les retraités, que pour l’ensemble des
retraités, toutes générations confondues (respectivement 68 % et 61 % en 2014). C’est
l’inverse pour les retraites totales, y compris les pensions de réversion, puisque celles-ci
bénéficient en plus grande proportion aux femmes les plus âgées (respectivement 72 % et
75 % en 2014).

Il convient de rappeler que ces rapports sont calculés sur le champ de l’ensemble des retraités
des régimes français, qu’ils résident en France ou à l’étranger. Les écarts entre les femmes et
les hommes sont plus élevés – d’environ 4 à 5 points de pourcentage – sur le champ restreint
aux seuls retraités résidant en France74. Les données observées sur les résidents en France ne
sont cependant disponibles que pour les années 2004 à 2014.

Il s’agit par ailleurs de montants bruts de prélèvements sociaux ; les écarts entre les femmes et
les hommes sont plus faibles de 0,3 point de pourcentage en termes de montants nets, du fait
de la progressivité des prélèvements sociaux sur les pensions de retraite.

72 La prise en compte de ces majorations abaisse de 0,3 point le rapport des pensions moyennes des femmes et
des hommes (voir la sous-partie 3.4, section b).
73 Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes ont peu évolué depuis 1990 : ils sont de l’ordre de 27 %
en termes de salaire mensuel et de 14 % en termes de salaire horaire (voir la séance du COR du 21 mai 2014).
74 Les retraités résidant à l’étranger sont en effet en grande majorité des hommes à carrière incomplète, dont les
montants de retraite sont faibles.

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