Page 81 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

celui de la norme d’équité sous-jacente, que la loi n’a pas explicitée. Àdéfaut, on retiendra ici,
comme mesure de la durée de carrière, la durée validée pour la retraite, tous régimes
confondus. Cette durée inclut donc les périodes d’emploi, mais aussi les périodes assimilées
(validées au titre du chômage, de la maladie, etc.) et les majorations de durée d’assurance
(notamment pour enfants).

L’évolution de la durée validée au fil des générations varie fortement selon que l’on considère
le cas type de non-cadre du privé, supposé à carrière complète et sans interruption, ou les
moyennes par génération, qui prennent en compte les assurés à carrière incomplète – dont la
proportion varie d’une génération à l’autre.

Pour le cas type, la durée de carrière dépend des paramètres de durée d’assurance requise pour
le taux plein et d’âge minimal d’ouverture des droits, d’une part, et de l’âge de début de
carrière, d’autre part. Parmi les générations les plus anciennes, qui sont entrées très jeune sur
le marché du travail et n’ont pas eu accès au dispositif de retraite anticipée pour carrière
longue (mis en place à partir de 2004), la carrière dure environ 43 ans, entre l’âge de début de
carrière et l’âge minimal de départ à la retraite de 60 ans. En revanche, parmi les générations
plus jeunes, le taux plein ne serait pas atteint dès l’âge minimal d’ouverture des droits –
pourtant de deux années plus tardif que celui des générations plus anciennes –, en raison de
l’entrée plus tardive sur le marché du travail et de l’allongement de la durée d’assurance
requise pour le taux plein. Pour ces générations, la durée de carrière du cas type serait
déterminée principalement par la durée d’assurance requise : elle augmenterait selon le
calendrier prévu par la législation, d’environ 41 ans et demi pour les générations nées au
début des années 1960 à un peu moins de 43 ans à partir de la génération née en 1973.

Pour les moyennes par génération, la durée de carrière a, à l’inverse, augmenté parmi les
générations les plus anciennes, notamment parmi les femmes (du fait de l’augmentation
tendancielle de leur participation au marché du travail ainsi que de la montée en charge de
certains dispositifs de validation de périodes à d’autres titres que l’emploi), mais aussi, à
partir des générations nées au milieu des années 1930, parmi les hommes (augmentation qui
pourrait s’expliquer en partie par la hausse de la durée requise pour le taux plein). La durée
validée moyenne pour l’ensemble de chaque génération (hommes et femmes confondus) passe
ainsi d’environ 34 ans pour la génération née en 1924 à 36 ans pour celle née en 1942. Ces
durées moyennes restent inférieures d’environ 2 ans à la durée requise pour le taux plein, du
fait de la proportion relativement importante d’assurés à carrière incomplète, notamment
parmi les femmes.

Les projections du COR, réalisées séparément par chaque régime, ne fournissent pas
directement la durée validée tous régimes par génération. On peut toutefois suivre l’évolution
de la durée validée tous régimes des retraités de la CNAV, qui est a priori très proche de celle
de l’ensemble des retraités, car une forte proportion des assurés ont acquis des droits au
régime général (plus des quatre cinquièmes, et à terme plus des neuf dixièmes). Les durées
validées tous régimes continueraient de croître jusqu’à atteindre environ 40 ans en moyenne
pour les générations nées à la fin des années 1950. Elles diminueraient ensuite
progressivement jusqu’aux générations nées à la fin des années 1970, l’effet négatif lié aux
entrées plus tardives dans l’emploi l’emportant sur l’effet positif lié à l’allongement de la
durée d’assurance requise pour le taux plein, avant de croître légèrement à partir des
générations 1980 et suivantes.

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