Page 78 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

née en 1950 (30,6 % de la durée de vie dans le scénario central de mortalité de l’INSEE) et un
minimum pour la génération née en 1974 (28,7 %), et le diagnostic serait similaire pour le cas
type (la seule différence étant que la durée de retraite serait alors maximale pour la génération
née en 1960). Mais il n’y aurait pas stabilisation au sens strict : le relèvement de deux ans des
âges légaux entre les générations 1950 et 1955 peut apparaître rapide au regard des écarts
d’espérance de vie entre ces générations et le calendrier d’augmentation régulière de la durée
d’assurance requise pour le taux plein également rapide au regard du rythme d’augmentation
de l’espérance de vie (dans le scénario central de mortalité de l’INSEE), puisqu’il se traduirait
par une diminution de la durée de retraite relative moyenne entre les générations 1955
(29,3 %) et 1974 (28,7 %)64.

Figure 2.25 – Durée de retraite en proportion de la durée de vie totale

Moyennes par génération Cas type de non-cadre du privé

(départ à la retraite au taux plein au régime général sans décote
ni surcote)

en % de la durée de vie totale
1930
1935
1940
1945
1950
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990

en % de la durée de vie totale
1930
1935
1940
1945
1950
1955
1960
1965
1970
1975
1980
1985
1990
35% 35%

33% 33%

31% 31%

29% 29%

27% 27%

génération génération
25% 25%

Scénario central de mortalité Scénario central de mortalité
Variante de mortalité haute Variante de mortalité haute
Variante de mortalité basse Variante de mortalité basse

Note : voir figure 2.24.
Champ : retraités de droit direct, résidant en France, hors effets du compte pénibilité.
Sources : DREES, modèle CALIPER (cas type) et modèle ANCETRE (moyenne par génération) ; INSEE,
projections de population 2007-2060 ; projections COR – juin 2016.

L’évolution de la durée de retraite au fil des générations dépend des évolutions futures de la
mortalité, y compris pour des générations qui sont déjà parties à la retraite. Si l’incertitude est
faible pour les générations les plus anciennes déjà âgées, elle s’accroît au fil des générations65.
Cette incertitude peut modifier le diagnostic relatif à l’équité entre les générations au regard
de la durée de retraite : alors que, dans la variante de mortalité basse de l’INSEE (donc
d’espérance de vie haute), toutes les générations futures de retraités bénéficieraient d’une part
de la vie totale passée à la retraite supérieure à celle de la génération née en 1943, ce serait
l’inverse dans la variante de mortalité haute (donc d’espérance de vie basse) notamment pour
les générations nées dans les années 1970 dont la durée de retraite relative moyenne serait
même inférieure à celle des générations nées au début des années 1930.

64 Cette diminution tient toutefois pour l’essentiel à la forte diminution des départs anticipés à la retraite avant
60 ans. Si l’on neutralise ces départs (c’est-à-dire si l’on considère que tous les assurés concernés partent en fait
à la retraite à 60 ans), la durée de retraite relative moyenne est quasi-stable entre la génération 1955 (28,7 %) et
la génération 1974 (28,5 %).
65 Pour la génération née en 1990, l’espérance de vie à 60 ans projetée varierait dans une fourchette de 6 ans
(entre 28,1 ans et 34,1 ans), entre les deux variantes de mortalité haute et basse considérées.

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