Page 76 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

progressive de leurs carrières et à la hausse de la durée validée en résultant, et une
augmentation concomitante pour les hommes à partir de la génération 1934, en lien
notamment avec l’allongement de la durée requise pour le taux plein.

L’âge moyen de départ a ensuite diminué d’environ 6 mois pour les femmes comme pour les
hommes, entre les générations 1945 et 1950, avec la mise en place des retraites anticipées
pour carrière longue en 2004.

Il augmenterait à nouveau, et rapidement, à partir de la génération 1951, sous l’effet
notamment du relèvement de deux ans des âges légaux (réforme des retraites de 2010). Le
départ à la retraite passerait de 60 ans et 8 mois en moyenne parmi les personnes nées en 1950
à 62 ans en moyenne parmi celles nées en 1955. Cette hausse se poursuivrait au-delà de la
génération 1955 et jusqu’aux générations nées au milieu des années 1970, à un rythme
toutefois ralenti, sous les effets conjugués de la hausse programmée de la durée requise pour
le taux plein (de 41 ans et demi pour la génération 1955 à 43 ans à partir de celle née en 1973)
et de l’allongement progressif de la durée des études jusqu’aux générations nées dans les
années 1970.

Ces deux facteurs ne joueraient plus pour les générations plus jeunes et l’âge moyen de départ
à la retraite se stabiliserait légèrement au-dessus de 64 ans à partir des générations nées dans
la fin des années 1970. Rappelons que ces projections sont réalisées hors effets du compte
pénibilité, faute d’un recul temporel suffisant à ce jour pour quantifier ces effets.

Le cas type de non-cadre du privé est supposé partir à la retraite dès l’atteinte du taux plein au
régime général (sans décote ni surcote). Du fait de son entrée dans l’emploi relativement
précoce (un peu après 17 ans pour les générations les plus anciennes) et de sa carrière sans
interruption, il partirait à la retraite un peu plus jeune que la moyenne de sa génération.
Rappelons que l’âge de début de carrière du cas type est défini en fonction des durées validées
pour la retraite avant 30 ans, observées au fil des générations dans les données statistiques de
la DREES61. L’âge de début de carrière du cas type passe ainsi de 17 ans et 2 mois, pour les
générations nées en 1946 et avant, à 20 ans et 8 mois, pour les générations nées à partir de
197862.

Son âge de départ serait de 60 ans jusqu’à la génération née en 1960 (grâce au dispositif de
retraite anticipée pour carrière longue élargi par le décret du 2 juillet 2012), puis augmenterait
régulièrement sous l’effet de la hausse de son âge de début de carrière et de celle de la durée
d’assurance requise pour le taux plein. À partir de la génération née en 1978, il est supposé
partir à la retraite à 63 ans et demi, pour un début de carrière à 20 ans et 8 mois et une durée
requise de 43 ans.

Que l’on considère ce cas type ou bien l’individu moyen de chaque génération, la durée de
retraite augmenterait régulièrement – d’un peu moins de trois années – entre les générations
1930 et 1950. La durée de retraite moyenne par génération diminuerait ensuite d’environ un
an entre les générations 1950 et 1955, du fait du relèvement de deux ans des âges légaux,
tandis que la durée de retraite pour le cas type continuerait d’augmenter jusqu’à la génération
1960 grâce au bénéfice d’un départ anticipé à 60 ans pour carrière longue (elle diminuerait

61 Voir le document n° 2 de la séance du COR du 9 juillet 2014.
62 Pour des catégories représentatives des cas types. En raison de leur âge de début d’activité plus précoce, les
durées validées avant 30 ans pour les cas types sont plus élevées que celles pour l’ensemble des assurés, publiées
par ailleurs par la DREES.

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