Page 68 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

concomitamment visés d’après la loi. C’est pourquoi le choix retenu ici est de suivre
séparément les diverses dimensions de l’équité en matière de retraite, sans chercher à
déterminer si un avantage selon une dimension donnée compense ou non un désavantage
selon une autre.

Pour résumer dès à présent les résultats détaillés ci-après, les comparaisons entre générations
apparaissent contrastées selon la période et la dimension étudiées.

Par rapport aux générations qui partent actuellement à la retraite (nées au début des années
1950), les générations plus jeunes seraient pénalisées par des taux de cotisation plus élevés et
un montant moyen de pension plus faible relativement au revenu d’activité moyen, mais leur
durée de carrière serait en moyenne un peu plus courte ; la durée de retraite moyenne
fluctuerait, quant à elle, dans une fourchette de faible ampleur (+/- 3 à 4 % autour de sa valeur
moyenne entre les générations 1943 et 1990), le maximum étant atteint pour la génération née
en 1950 et le minimum pour la génération née en 1974.

La comparaison est plus délicate avec les générations plus anciennes, puisque le diagnostic
varie selon que l’on considère des retraités à carrière complète (ce qui est le cas pour la
carrière type de non-cadre du privé – cas type n° 2 du COR), ou bien l’individu moyen de
chaque génération. Dans le premier cas, les générations les plus anciennes apparaissent
avantagées par des taux de remplacement plus élevés, mais au détriment d’une carrière plus
longue. Ce serait l’inverse selon la moyenne par génération : la pension moyenne relative
augmenterait régulièrement au fil des générations, de même que la durée moyenne de carrière,
du fait des modifications de la structure des carrières et notamment de l’amélioration
progressive des carrières féminines, se traduisant par des retraitées ayant de plus en plus
souvent des carrières complètes.

a) Le montant des pensions au fil des générations

i) Les montants et les taux de remplacement moyens

Le suivi des montants de retraite en niveau absolu (c’est-à-dire exprimé en euros constants)
n’est guère pertinent sur le long terme, car le montant moyen réel des pensions peut
augmenter au fil des générations, tout en conduisant à un fort décrochage du niveau de vie par
rapport au reste de la population – si les autres types de revenus augmentent plus rapidement
que les retraites. On considèrera donc ici des indicateurs de niveau relatif des pensions, soit en
rapportant le montant moyen des retraites au revenu d’activité moyen dans l’économie, soit en
retenant un indicateur tel que le taux de remplacement qui, pour un individu donné, rapporte
le montant de la retraite perçue à la liquidation au salaire qu’il percevait juste avant de partir à
la retraite.

Les indicateurs de montant de pension suivis par le COR diffèrent pour le cas type de non-
cadre du privé et pour la moyenne au sein de chaque génération : taux de remplacement net à
la liquidation (c’est-à-dire rapport entre la première pension perçue et le dernier salaire de
carrière) dans le premier cas, pension moyenne relative au salaire moyen dans l’économie à
un âge donné dans le second cas (68 ans dans le graphique ci-après – âge choisi de manière à
ce que la quasi-totalité de la génération ait liquidé ses droits). L’explication de cette différence
de traitement est essentiellement technique : si le taux de remplacement à la liquidation est un
indicateur pertinent du point de vue d’un assuré, en ce qu’il correspond à la variation de ses

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