Page 57 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

notamment de la mise en place des retraites anticipées pour carrière longue. À l’inverse, la
contribution de l’âge moyen de départ à la retraite serait très importante sur la période 2011-
2020, compte tenu du relèvement des âges légaux et de la poursuite de l’allongement de la
durée d’assurance requise pour le taux plein – elle couvrirait entre 50 % et 60 % de
l’accroissement du besoin de financement lié au vieillissement de la population sur la période.
Au cours des décennies 2020 à 2040, la principale contribution – surtout dans les scénarios où
le rythme de croissance des revenus d’activité serait le plus élevé – serait celle de la
diminution de la pension moyenne relative des retraités, mais la contribution de l’âge moyen
de départ à la retraite permettrait encore de couvrir entre 50 % et près de 80 % du besoin de
financement du système de retraite lié au vieillissement. Les diverses contributions seraient
quasi-nulles à partir de 2045.

Ces contributions agrègent les effets de tous les facteurs, et pas seulement les réformes, qui
contribuent à modifier les leviers. Par exemple, l’augmentation de l’âge moyen conjoncturel
de départ à la retraite en projection résulte pour partie des réformes des retraites (allongement
de la durée requise pour le taux plein, relèvement des bornes d’âge, etc.) mais aussi, pour une
autre partie, d’évolutions extérieures au système de retraite (notamment l’allongement
progressif de la durée des études entre les générations nées au cours des années 1950 à 1970).

Exemples de trajectoires financièrement équilibrées dans les divers scénarios économiques

L’équilibre financier du système de retraite à un horizon donné peut être atteint par différentes
combinaisons des trois leviers, selon la manière dont on souhaite partager les efforts entre
retraités actuels et cotisants (et à ce titre retraités futurs). À titre d’illustration, on peut
présenter les configurations d’équilibre possibles, consistant à ne modifier à chaque fois qu’un
seul des trois leviers, par rapport aux évolutions spontanées à législation inchangée (illustrées
dans les graphiques 2.1 et 2.2)36. Ces simulations ont une vocation pédagogique ; elles ne
constituent pas des propositions de réforme.

Par exemple, dans le scénario 1,3 %, pour équilibrer financièrement le système de retraite
chaque année jusqu’à 2060 via le seul levier de l’âge de départ en retraite, il serait nécessaire
de porter cet âge à 64,4 ans en 2060 (au lieu de 64,1 ans à législation inchangée). Une autre
possibilité serait de laisser l'âge évoluer spontanément sous l’effet des règles actuelles, et
d’assurer l’équilibre du système chaque année soit par un ajustement du taux de prélèvement,
soit par un ajustement de la pension moyenne relative. Toujours dans le scénario 1,3 %, il
serait nécessaire soit d’augmenter le taux de prélèvement de 0,5 point en 2060 par rapport à
son niveau spontanément atteint à législation inchangée, soit de prendre des mesures
conduisant à une baisse supplémentaire de 0,6 point de la pension relative moyenne par
rapport à son niveau atteint spontanément à législation inchangée.

36 Voir également la Lettre du COR « L’abaque du COR : une représentation des conditions d’équilibre du
système de retraite par répartition », n° 11 – avril 2015. Le simulateur du COR (voir l’encadré) permet
d’explorer d’autres trajectoires possibles d’équilibre financier.

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