Page 25 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

Avant la crise de 2008, la croissance de la productivité horaire apparente du travail a ralenti,
passant en moyenne de 1,9 % par an de 1990 à 1998 à 1,5 % par an de 1998 à 2008. Dans le
même temps, le revenu d’activité brut19 par heure a augmenté de 1,1 % par an en moyenne
entre 1990 et 1998, et de 1,6 % par an entre 1998 et 2008. Le revenu d’activité brut par tête a
quant à lui augmenté plus faiblement (respectivement + 0,5 % et + 1,1 % par an en moyenne
sur chacune des deux sous-périodes), du fait de la hausse du temps partiel au cours des années
1990 et de la politique de réduction du temps de travail à la fin des années 1990 et au début
des années 2000.

En tenant compte de la crise de 2008, les rythmes tendanciels de croissance de la productivité
apparente du travail et des revenus d’activité par heure se sont fortement ralentis : le rythme
de hausse de la productivité horaire apparente du travail, qui était de 1,7 % par an en moyenne
entre le début des années 1990 et l’immédiate avant-crise, s’établit à 1,4 % par an en moyenne
si l’on inclut les années après crise et jusqu’à aujourd’hui.

Tableau 1.12 – Taux de croissance annuels moyens de la productivité horaire du travail
et du revenu d’activité observés sur le passé

Rythme annuel moyen Rythme annuel moyen
par sous-périodes depuis 1990

Productivité apparente du travail, par heure travaillée 1990- 1998- 2008- Avant Y. c. crise
Revenu d'activité bruts par heure 1998 2008 2015 crise (1990-
Revenu d'activité bruts par tête (1990- 2015)
1,9% 1,5% 0,7% 2008)
1,1% 1,6% 0,4% 1,7% 1,4%
0,5% 1,1% 0,0% 1,1%
1,4% 0,6%

0,9%

Lecture : en moyenne entre 1990 et 1998, la productivité du travail par heure travaillée a augmenté de + 1,9 %
par an.
Note : la productivité apparente du travail est calculée en rapportant le PIB en volume au nombre total d’heures
travaillées ; les revenus d’activité sont déflatés des évolutions de l’indice des prix à la consommation.
Source : comptes nationaux INSEE.

Les cibles de long terme des scénarios 1,3 %, 1,5 % et 1,8 % reposent à l’origine sur les taux
de croissance moyens observés sur le passé (sur des périodes antérieures à la crise de 2008
pour les deux premiers), tandis que les scénarios 1 % et 2 % permettent d’étudier des
hypothèses plus contrastées.

Comme pour le taux de chômage, les hypothèses de croissance de la productivité apparente du
travail du COR sont révisées sur les premières années de projection, en cohérence avec le
programme de stabilité rendu public en avril dernier. Les taux de croissance annuels
convergeraient ensuite progressivement vers leurs valeurs de long terme, sachant que ces
valeurs seraient atteintes entre 2026 et 2028 selon les scénarios économiques.

19 Somme des salaires bruts et des revenus mixtes des non-salariés dans les données de la comptabilité nationale.

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