Page 111 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

relèvent d’environ 11 % la pension moyenne des femmes de chaque génération. Une fois
neutralisés ces effets, la progression de la « pension pleine » (hors minimum) est de 30 %
entre les femmes de la génération 1924 et celles de la génération 1942, soit une progression
moindre que la pension effectivement perçue par les femmes, mais qui reste deux fois plus
rapide que celle des hommes.

La progression de la « pension pleine » (hors minimum) reflète la croissance du revenu
d’activité moyen au fil des générations, qui s’est renforcée avec la nette augmentation de la
proportion de cadres parmi les salariés nés à partir du milieu des années 1930, et qui est plus
rapide pour les femmes. La progression de la « pension pleine » est également liée aux
modalités d’acquisition des droits à retraite, avec l’extension du salariat (en moyenne, les
régimes de salariés versent, à revenu d’activité égal, des pensions plus élevées que les régimes
de non-salariés) et la montée en charge progressive des régimes complémentaires de
salariés20.

b) Les montants de pension par régime

Les montants de pension globale par régime principal d’affiliation (c’est-à-dire le régime de
base pour lequel le nombre de trimestres validés est le plus élevé) permettent d’apprécier la
situation des retraités en fonction de leur carrière (secteur public ou privé, indépendant ou
salarié, etc.), même si les changements de statut en cours de carrière, conduisant à ce qu’un
tiers des retraités perçoit simultanément des pensions de plusieurs régimes de base (retraités
dits « polypensionnés »), rendent l’analyse délicate.

Notons que, pour les retraités à carrière complète, les polypensionnés reçoivent un montant de
pension globale en moyenne inférieur à celui des monopensionnés (- 4,6 % en 2014), alors
que c’est l’inverse sur le champ de l’ensemble des retraités (+ 9,0 %).

Le régime principal d’affiliation est un facteur explicatif important des écarts de montants de
pension. Les montants moyens de pension sont les plus élevés pour les retraités ayant pour
régime principal d’affiliation les régimes des professions libérales, de la fonction publique et
des régimes spéciaux, et les plus faibles pour les retraités ayant pour régime principal
d’affiliation les régimes de la MSA et du RSI.

Ces écarts sont notamment le reflet de différences de salaires ou de revenus d’activité, la
proportion de cadres et de personnes très qualifiées étant plus importante parmi les
professions libérales et au sein de la fonction publique.

Les écarts de pension entre les femmes et les hommes sont relativement réduits dans la
fonction publique et les régimes spéciaux, alors qu’ils sont plus importants dans le secteur
privé, notamment parmi les non-salariés. Ainsi, le rapport entre la pension moyenne des
femmes et celle des hommes, sur le champ des monopensionnés à carrière complète, est en
2014 de 87 % pour les fonctionnaires civils d’État, de 90 % pour les fonctionnaires
territoriaux et hospitaliers et de 79 % pour les assurés des autres régimes spéciaux, contre
66 % pour les salariés relevant du régime général et 64 % pour les non-salariés.

20 Voir Aubert P. (2011), op. cit.

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