Page 110 - Rapport annuel du COR 2016 « Evolutions et perspectives des retraites en France »
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Rapport annuel du COR – Juin 2016

liquidation (captant l’effet de la décote et de la surcote), le coefficient de proratisation
(captant l’effet de la durée de carrière) et le salaire ou revenu de référence. Cette formule peut
être généralisée pour exprimer le montant des pensions pour l’ensemble des régimes17.

À partir de cette décomposition, on peut suivre l’évolution au fil des générations de la pension
moyenne de droit direct, en neutralisant l’un après l’autre chacun des paramètres entrant en
compte dans le calcul des montants de pension18 : on suit ainsi la moyenne par génération de
la pension effectivement versée, puis celle de la pension « hors décote / surcote », puis celle
de la « pension pleine » (c’est-à-dire le montant une fois neutralisés les effets de la décote, de
la surcote et de la durée validée, via la neutralisation du coefficient de proratisation), et enfin
celle de la « pension pleine » hors minima de pension (minimum garanti et minimum
contributif), qui reflète le salaire ou revenu de référence, c’est-à-dire les revenus d’activité tels
qu’ils sont pris en compte dans le calcul des montants de pension.

Figure 3.7 – Décomposition du montant brut de la pension de droit direct par génération

Femmes Hommes

1 600 1 600
pensions des femmes, en € par mois
19241 400 1 400
1926
19281 200 1 200
1930
19321 000 1 000
1934
1936
1938
1940
1942

pensions des hommes, en € par mois
1924
1926
1928
1930
1932
1934
1936
1938
1940
1942
800 800

génération génération
600 600

Pension effective Pension effective
Pension hors décote/surcote Pension hors décote/surcote
Pension pleine Pension pleine
Pension pleine (hors minimum) Pension pleine (hors minimum)

Lecture : (graphique de gauche) la pension moyenne de droit direct des femmes nées en 1924 est de 665 euros
par mois en 2008 ; elle serait de 673 euros sans déduire de décote (« pension hors décote/surcote »), de
857 euros sans décote et en mettant à 100 % le coefficient de proratisation (« pension pleine »), et enfin de
758 euros si la « pension pleine » était calculée sans appliquer le minimum contributif ou garanti.
Champ : retraités de droit direct d’au moins un régime de base ou complémentaire français en 2008 (pondérés
pour être représentatifs des retraités de la génération en vie à l’âge de 66 ans).
Source : étude DREES à partir de l’EIR 2008. Voir Aubert P. (2011), « Les écarts de niveaux de pension de
retraite entre générations », document de travail (série Études et Recherche), n°107, septembre 2011.

La neutralisation des différents paramètres a peu d’effets sur la pension moyenne pour les
hommes, contrairement aux femmes.

La prise en compte de la durée validée dans le calcul du montant de la pension via le
coefficient de proratisation réduit la pension moyenne des femmes, mais de moins en moins
fortement au fil des générations : de 21 % pour la génération 1924 et de 10 % pour la
génération 194219. En outre, les minima de pension, qui bénéficient davantage aux femmes,

17 Voir l’annexe 2 de Aubert P. (2011), op. cit.
18 Voir partie 2.4, section a.
19 Passage de la « pension pleine » à la « pension hors décote/surcote ».

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